Quels sont les critères pour une prise en charge d’une réduction mammaire ?
La réduction mammaire diminue le volume des seins pour des raisons médicales ou fonctionnelles. Elle peut être prise en charge par la Sécurité sociale en cas d’hypertrophie douloureuse, mais pas si la demande est uniquement esthétique.
L’essentiel est de comprendre les conditions de remboursement d’une réduction mammaire, souvent demandée pour des douleurs et une gêne quotidienne.

Dans quels cas une réduction mammaire peut être prise en charge ?
En France, pour que la réduction mammaire soit remboursée par la Sécurité sociale, plusieurs critères doivent être remplis. Le principal critère repose sur l’existence d’une hypertrophie mammaire avérée, définie par un volume excessif de tissu mammaire entraînant un retentissement physique ou fonctionnel.
La Sécurité sociale exige notamment que 300 grammes de glande mammaire soient retirés par sein lors de l’intervention. Ce seuil, estimé en consultation par le chirurgien plasticien, correspond approximativement à une réduction de deux tailles de bonnet sur l’échelle des soutiens-gorge.
Ce critère n’est pas arbitraire : il permet de distinguer une intervention à caractère purement esthétique d’une chirurgie réparatrice nécessaire pour soulager des douleurs au dos, des gêne fonctionnelles ou des troubles musculo-squelettiques liés à l’hypertrophie mammaire.
Les symptômes médicaux pris en compte
Plusieurs symptômes médicaux sont pris en compte lorsqu’il s’agit d’évaluer la nécessité d’une réduction mammaire :
- Douleurs chroniques au dos, aux épaules et au cou : le poids des seins peut entraîner une posture contraignante, provoquant des douleurs persistantes
- Irritations cutanées et rougeurs sous les seins dues à des frottements répétés
- Gêne fonctionnelle : difficulté à pratiquer un sport, à trouver des vêtements adaptés ou à effectuer certaines tâches quotidiennes
- Impact psychologique et social : bien qu’il ne soit pas directement un critère médical, le retentissement sur la qualité de vie est souvent mentionné par le chirurgien dans le dossier médical pour justifier la prise en charge
Ces symptômes doivent être documentés dans le dossier médical. Le chirurgien joue un rôle crucial : c’est lui qui évalue cliniquement l’hypertrophie mammaire et décide si les critères de la Sécurité sociale sont remplis.
Peut-on être refusée même en cas de gêne importante ?
Oui, un refus est possible, même si la gêne est significative. La Sécurité sociale peut refuser la prise en charge si :
- L’intervention n’est pas justifiée médicalement et est considérée comme chirurgie purement esthétique (aucune hypertrophie cliniquement démontrée ou volume retiré insuffisant)
- Le volume de tissu envisagé à retirer est inférieur à 300 g par sein
- La demande intervient après une augmentation mammaire antérieure, ce qui complexifie l’évaluation médicale
- Des facteurs comme un surpoids important contre-indiquent temporairement l’opération (on peut alors recommander une perte de poids préalable)
Dans ces cas, la patiente peut contester la décision ou compléter son dossier avec des justificatifs médicaux supplémentaires pour une seconde évaluation. L’expertise du chirurgien est souvent la clé pour faire reconnaître l’aspect pathologique de la situation.
Comment se déroule la demande de prise en charge ?
La demande de prise en charge d’une réduction mammaire remboursée commence lors de la consultation avec le chirurgien plasticien. Celui-ci réalise un examen clinique détaillé et estime le volume de tissu à retirer. Si les critères sont satisfaits, il indique que l’intervention relève d’une chirurgie réparatrice et non d’une chirurgie esthétique.
Contrairement à certaines idées reçues, aucune entente préalable auprès du médecin-conseil de la Sécurité sociale n’est obligatoire pour les cas d’hypertrophie mammaire avérée qui respectent les critères de volume.
Le chirurgien fournit alors un devis ainsi qu’un certificat médical décrivant les symptômes et les raisons médicales justifiant l’opération. Ces documents sont transmis à la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) pour validation.
Une fois la prise en charge par la Sécurité sociale acceptée, la mutuelle santé peut compléter le remboursement selon le contrat souscrit, en prenant en charge tout ou partie des dépassements d’honoraires, des frais d’anesthésie ou des soins postopératoires.
Conclusion
La réduction mammaire peut être prise en charge par la Sécurité sociale française lorsqu’elle répond à des critères médicaux précis liés à l’hypertrophie mammaire et à ses conséquences physiques. Le seuil de 300 grammes retirés par sein est central dans l’évaluation, et la décision finale repose sur le jugement clinique du chirurgien. Bien que parfois refusée même si la gêne est importante, une bonne préparation du dossier augmente les chances d’un remboursement partiel ou total en combinaison avec une mutuelle santé compétente.
Références
- « Prise en charge réduction mammaire et remboursement sécurité sociale », Esthetique.Paris
- « Prise en charge de la réduction mammaire par la mutuelle », Macif, 12/06/2025
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